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La Nef

vendredi 02 décembre 2022 de 10:00 à 11:30

Président(e): Isabelle Laffont (Montpellier) Modérateur(s)/Modératrice(s): Isabelle Loubinoux (Toulouse) - Elise Bannier (Rennes)

Le fonctionnement du cerveau par différentes techniques de traitement du signal : un défi pour la rééducation post-AVC


10:00

Nouvelles avancées dans les biomarqueurs EEG appliqués à l’étude de la cognition

Thibaut Dondaine (Lille, France) 

A presque un siècle d’utilisation pour l’exploration et la compréhension du fonctionnement cérébral, la technique de l’EEG a bénéficié ces dernières années des avancées théoriques et techniques pour mieux caractériser les processus cognitifs et émotionnels.
Des techniques les plus simples (réactivité alpha, potentiels évoqués) aux plus avancées (localisations de sources, connectivité), nous verrons comment l’EEG peut être utilisé dans de nombreuses études cliniques en neurologie et en psychiatrie pour mieux caractériser les troubles cognitifs et émotionnels et améliorer l’évaluation de l’effet des traitements pharmacologiques et non pharmacologiques.
 

10:30

NIBS et rééducation de la motricité après AVC: Est-ce déjà la fin de l'histoire ou n'apprend-on que de ses échecs ?

Philippe Marque (Toulouse, France) 

Depuis 3 décennies les techniques de stimulations cérébrales non invasives (NIBS) ont fait l'objet d'une vaste littérature internationale, d'un congrès et d'une revue spécialisée. Pourtant cet engouement ne se traduit toujours pas par un réalité thérapeutique dans le domaine de la rééducation de la motricité après AVC. Si la majorité des essais étudiant les effets d'une session de stimulation sur la motricité du sujet sain et de patients post AVC sont positifs, les résultats des études sur des stimulations répétées quotidiennement pendant plusieurs jours sont beaucoup moins enthousiasmants. Les méta-analyses qui en découlent, concluent soit à l'absence d'effet bénéfique démontré en faveur de ces techniques, soit à de effets positifs mais dont l'effet reste modéré à faible. 
Néanmoins ces études si elles ne nous autorisent donc pas à diffuser la technique plus largement en pratique courante, nous ont beaucoup appris sur les raisons de leurs échecs et ont modifié les modèles conceptuels que nous utilisions. D'abord elles soulignent l'extrême variabilité inter-individuelle de la récupération motrice après AVC mais aussi des réponses à ces techniques. Il est donc probable qu'elle s'adresserons en priorité à des sous populations spécifiques. Le site de stimulation est lui aussi un enjeux. Jusqu'à présent, ces techniques ont stimulées en priorité l'aire motrice primaire. Des travaux récents suggèrent de stimuler des régions plus distantes non affectées par la lésion. La période de stimulation après un AVC est elle aussi remise en cause.
 

10:50

Vers une personnalisation du neuro feed-back

Isabelle Bonan (Rennes, France) et Simon Butet (Rennes, France) 

La récupération de la motricité du membre supérieur est un enjeu important après AVC. La technique de neuro feed-back offre au patient l'opportunité d'apprendre à contrôler l'activité de son cerveau et ainsi d'orienter la plasticité cérébrale. L'EEG a été le premier système d'analyse du signal utilisé pour renvoyer au patient en temps réel son activité cérébrale. L'IRM en temps réel a en ensuite été utilisé avec une meilleure analyse spatiale. Nous avons mis au point dans notre laboratoire un système d'analyse combiné IRM EEG et proposé à des patients AVC un protocole mixant des sessions d'IRM EEG combiné à des sessions EEG. Nous avons de plus utilisé une progressivité de la cible à atteindre (SMA puis M1). Le choix de la cible dans la technique de neuro feed-back est crucial et à personnaliser à l’avenir, pour que tous les profils de patients, quelle que soit la sévérité de leur atteinte motrice, puissent en bénéficier.
 

11:10

From basic science to rehabilitation: the way knowledge in motor control can help in building the future of our practices

Isabelle Laffont (Montpellier, France) , K Bakhti (Montpellier, France) , L van Dokkum (Montpellier, France) , C Muller (Montpellier, France) , M Muthalib (Montpellier, France) , G Dray (Montpellier, France) , B Xu (Montpellier, France) , M Delorme (Le Grau du Roi, France) , J Froger (Le Grau du Roi, France) , C Jourdan (Montpellier, France) , E Le bars (Montpellier, France) , N Menjot de Champfleur (Montpellier, France) , S Perrey (Montpellier, France) et D Mottet (Montpellier, France) 

Post-stroke rehabilitation aims to act on learning and improving adaptive neural processes, in order to favor the best functional recovery. During the past decades, we demonstrated our capacity to anchor our rehabilitation practices in basic science. Bridging the gap between neurosciences based on neurophysiologic knowledge and daily rehabilitation is crucial to understand the mechanisms underlying functional recovery. The best we understand these phenomena, the best we can act on them to improve the efficiency of rehabilitation. 
We developed a 15-years’ experience on simultaneous recording of brain signals (through fMRI, fEEG and fNIRS) together with kinematics of upper limb’s (UL) movements (based on ultrasounds, Kinect, motion capture, and wearable sensors) in experimental and clinical setting. 
Our presentation will focus on the main results of our experience, based on simultaneous recording of brain signal and kinematics of the UL in stroke patients, both at the acute and chronic stage: deciphering motor control, exploring brain reorganizations linked to motor recovery in acute and chronic patients after a stroke, and analyzing brain activations and UL movement in clinical setting for daily practice monitoring of functional recovery.
In this lecture, we will illustrate how we can “close the loop” between these fundamental knowledges and our daily practices, opening the closed window of the understanding of neural/behavioral plasticity, and learning how to act on it to improve functional recovery.